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FAQ
Tout ce que vous voulez savoir sur l'éthique animale en entreprise
Les questions les plus fréquentes sur notre approche, nos offres et l'intégration du bien-être animal dans votre stratégie RSE.
👇L’éthique est définie par les critères moraux et les valeurs humaines qui guident les comportements. La morale est l’énoncé de principes universels, alors que l’éthique est une démarche en situation. Dans une organisation, elle donne corps aux valeurs de l’entreprise et implique une gouvernance (comité d’éthique par exemple).
L’éthique animale en entreprise peut donc être définie comme la démarche de responsabilité morale des organisations à l’égard des animaux non-humains pris individuellement. Elle questionne nos rapports aux autres animaux en tant qu’individus, et non en tant qu’espèce, se distinguant ainsi de l’éthique environnementale.
On distinguera l’éthique fonctionnelle relative au bien-être animal (impératifs de conformité réglementaires, normes et bonnes pratiques sectorielles, éthique professionnelle) de l’éthique morale relative à l’utilisation ou non d’animaux, qui n’est quasiment jamais adressée dans l’entreprise. Les deux doivent pourtant se penser en complémentarité dans une phase de transition des modèles économiques vers zéro souffrance animale.
Le bien-être animal est définit ainsi par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) comme un « état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal ». Le point de vue subjectif de l’animal est central dans cette définition : ses attentes et sa perception de la situation sont essentielles.
L’éthique animale est définie dans la question précédente et s’exerce dans un double cadre de référence : le bien-être animal qui relève de l’éthique fonctionnelle et les droits des animaux qui relèvent de l’éthique morale où l’on se posera par exemple les questions suivantes :
- Avons-nous des devoirs envers les animaux ? Si oui, lesquels ?
- Les animaux ont-ils des droits ? Si oui, lesquels ?
- Les animaux sont-ils des personnes ?
Dans les perceptions, l’éthique semble s’opposer à la croissance. Pourtant, elle peut être appréhendée comme un moyen d’améliorer la performance de l’entreprise. Sa définition est d’ailleurs la suivante :
“L’éthique d’entreprise désigne « un ensemble de principes et de moyens qui actualisent l’idée que la performance d’ensemble d’une entreprise doit prendre en compte des dimensions non économiques et que tous les moyens ne sont pas acceptables pour la réaliser même si la loi ne les interdit pas »
(Mesure et Lauriol,2003,p.67).La condition animale est un sujet de société de premier plan chez les français·es : 1/4 citent la cause animale parmi les 3 enjeux prioritaires à leurs yeux et 75 % considèrent que le gouvernement ne s’engage pas suffisamment en faveur des animaux.Cette tendance se confirme en Europe : selon l’Eurobaromètre 2023, 84% des personnes interrogées estiment que des améliorations sont nécessaires en matière de bien-être des animaux dans les élevages.
En réponse à ces nouvelles exigences, l’OCDE appelle pour la première fois en 2023 les entreprises à respecter les normes de bien-être animal et l’inclut dans ses directives destinées à la conduite responsable des entreprises. Dans la foulée, la présidente de la Commission européenne nomme le premier commissaire européen au bien-être animal.Motivée par les attentes sociétales et à l’écoute des risques comme des opportunités, la finance intègre ces nouvelles questions. En 2025, le fonds souverain norvégien Norges Bank Investment Management (le plus important au monde avec un capital de 1,700 milliards d’euros) fait une grande annonce : il demande désormais aux entreprises dans lesquelles il investit de respecter le bien-être animal.
La cause animale n’est pas une tendance mais d’un sujet d’avenir. Elle émerge comme un marqueur générationnel très fort pour la génération Z (personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010) qui représenterait approximativement 32% de la population mondiale.
L’adoption du véganisme démontre la nécessité pour les entreprises de dépasser la question du « bien-être animal ». Les 18-34 ans constituent le fer de lance du véganisme en France. Entre 2023 et 2024, cette tranche d’âge a enregistré une progression de 48 % parmi les adeptes. En 2023, 4 jeunes sur 10 ont une alimentation axée sur le végétal : 25 % se disent flexitariens, 6 % pescétariens, 4 % végétariens et 4 % végans.
Cet engagement est motivé par des raisons environnementales (39 %) et éthiques (35 %) qui illustrent le caractère générationnel du mouvement, porté par des jeunes convaincus que le véganisme représente une réponse concrète aux enjeux sociétaux.
De plus, la dépendance aux matières premières animales deviendra à terme un risque matériel : zoonoses, climat, épizooties, éthique… et l’acceptabilité sociale de la souffrance animale ne cessera de diminuer dans les années à venir.
Bien que certains objectifs soient liés aux animaux de façon évidente, tels que l’ODD2 « Éliminer la faim (…) et promouvoir l’agriculture durable », l’ODD14 « Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable » ou encore l’ODD15 « Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts, lutter contre la désertification, enrayer et inverser le processus de dégradation des sols et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité », aucun n’évoque explicitement le bien-être animal comme faisant partie du développement durable.
Pourtant, la plupart des enjeux y trouvent une correspondance. En juin 2018, un atelier organisé par l’Université suédoise des Sciences agricoles dans le cadre de la série d’ateliers de la Global Challenges University Alliance (GCUA) a été réalisé spécifiquement sur ce sujet. Intitulé « Bien-être animal et Objectifs de développement durable », les débats et conclusions de cet atelier ont fait l’objet d’une publication. Elle comprend notamment tableau avec les ODD et leur correspondance avec le bien-être animal.
Le terme biodiversité est internationalement reconnu depuis les années 90. Écologiquement très intéressante, cette notion peut néanmoins invisibiliser les animaux en tant qu’individus. En effet, si respecter les animaux implique de respecter leurs habitats, et donc, les écosystèmes dans lesquels ils évoluent,
l’inverse n’est pas toujours systématique.Premier écueil : on distingue classiquement trois niveaux de diversité : la diversité écologique (diversité des écosystèmes), la diversité des espèces et la diversité génétique. Ces niveaux ne prennent pas en compte la diversité individuelle, alors que chaque animal est unique. Certain·es scientifiques sont favorables à l’introduction d’un quatrième niveau de diversité, relatif à la personnalité (l’histoire, le vécu de l’individu, sa culture, son caractère).
Deuxième écueil : la biodiversité recouvre toutes les espèces vivantes, c’est-à-dire tous les animaux, mais aussi toutes les plantes, les bactéries et virus, les champignons et archées. Elle peut ainsi conduire à une indistinction entre les animaux capables de ressentir la souffrance et tous les autres vivants. L’individu sentient ne devrait pas être soluble dans la biodiversité. Autrement dit, il est crucial de faire la différence entre les intérêts d’une fougère et ceux d’un castor.
Troisième écueil : à notre connaissance, les labels et référentiels relatifs à la biodiversité ne prennent en compte à ce jour que les animaux sauvages. Les animaux domestiques sont exclus de la réflexion, alors qu’ils sont pourtant inclus dans la définition de la biodiversité et qu’ils représentent 60% de la biomasse des mammifères (contre 4% pour les animaux sauvages) et 70% de la biomasse des oiseaux.
Pour aller plus loin, voir notre article Biodiversité et éthique animale, même combat ?
A l’instar du greenwashing, du localwashing ou encore du socialwashing, l’animal welfare washing désigne le blanchiment de l’image par l’utilisation d’arguments en faveur de l’animal. Il pointe notamment l’utilisation abusive du terme « bien-être animal ».
Ces dernières années, la filière agro-industrielle met le « bien-être animal » au cœur de sa communication, en réponse aux attentes des consommateur·tices. Pourtant, à ce jour, aucun cahier des charges ne garantit le bien-être animal tel que défini par les instances référentes (ANSES, OIE). Par exemple, l’accès au plein air ne signifie pas forcément que les animaux l’utilisent. Les pratiques douloureuses comme l’écornage sont maintenues même en agriculture biologique. Enfin, la plupart du temps, le transport et l’abattage ne rentrent pas dans les grilles d’évaluation.
Sur un milliard d’animaux tués chaque année en France, 80 % sont confinés dans des élevages intensifs sans accès à l’extérieur. Ce mode d’élevage est incompatible avec la définition du bien-être animal. Employer ce terme relève donc presque systématiquement de l’animal welfare washing.
Toute entreprise qui utilise des matières premières d’origine animale (MOA) ne peut pas affirmer qu’elle “respecte les animaux” ou qu’elle “contribue au bien-être animal”, même si elle est alignée sur les plus hauts standards de l’élevage. Car même si les conditions d’élevage sont favorables au bien-être animal, l’exploitation conduit inévitablement à la mise à mort prématurée des animaux dont les souffrances et le stress sont inévitables au moment du transport et de l’abattage. Les filières comme le cuir et la laine ne font pas exception.
Pour aller plus loin, voir notre article : 3 conseils essentiels pour éviter l’animal welfare washing.
Développée par l’universitaire Emilie Dardenne (Considérer les animaux, une approche zooinclusive, PUF, 2023), la zooinclusivité invite les personnes physiques et morales à prendre en compte les animaux, à les considérer pour ce qu’ils sont, et à les respecter.
Il s’agit d’une extension des principes d’inclusion (comme ceux appliqués au genre, à la race, au handicap, etc.) aux autres animaux, en reconnaissant leur subjectivité, leurs besoins, et leur droit à être pris en compte autrement que comme ressources pour les humains.
Tandis que le bien-être animal met souvent l’accent sur le contrôle humain, la zooinclusivité s’appuie sur le “vivre-ensemble” et appelle à intégrer pleinement les animaux dans nos sphères de considération, individuelles et collectives. Au lieu de dire « il ne faut pas faire de mal aux animaux », elle dit « vous pouvez faire le bien, ou vous pouvez faire mieux ; voici quelques pistes, quelques outils, et les façons de les utiliser ».
La zooinclusivité nécessite des outils pour aider les agents à entamer le changement et à le faire durer. Elle répertorie un ensemble de pratiques, actionnables dans les entreprises, afin que ces dernières puissent évaluer leur dépendance vis-à-vis des animaux, les impacts positifs de leur activité sur eux, et les impacts négatifs.
Représenter efficacement les animaux dans les entreprises est un défi, car il s’agit d’entités sans voix directe ni droits légaux dans la majorité des systèmes actuels. Cependant, il est possible d’imaginer des mécanismes novateurs et pratiques pour mieux intégrer les intérêts des animaux dans la gouvernance des entreprises.
Pour permettre à l’entreprise de s’inscrire dans une dynamique de progrès, nous identifions 6 degrés de représentation animale dans l’entreprise :
- Niveau 0 : pas de représentation des animaux dans l’entreprise
- Niveau 1 : l’entreprise consulte ponctuellement des expert·e·s sur des questions opérationnelles.
- Niveau 2 : l’entreprise a intégré des représentant·e·s des animaux non-humains dans ses parties prenantes et les consulte régulièrement dans le cadre de sa politique zooinclusive.
- Niveau 3 : un·e représentant·e des animaux non-humains est intégré dans une fonction stratégique de l’entreprise (ex : responsable zooinclusivité, au sein de la fonction RSE)
- Niveau 4 : un·e ou plusieurs représentant·e·s des animaux non-humains sont intégrés dans un organe décisionnel de l’entreprise (Comité de mission, Comité éthique, Board, Comité de zooinclusivité au sein du CA…)
- Niveau 5 : un·e représentant·e des animaux non-humains est présent au conseil d’administration de l’entreprise.
A ce jour, nous n’avons pas connaissance d’organisation ayant intégré la représentation animale au-delà du 2. Tout reste donc à imaginer. Toutefois, certaines (rares) entreprises ont atteint le niveau 5 sur la représentation de la “Nature”, comme l’entreprise Faith In Nature. Il est donc possible d’imaginer de transposer ce dispositif pour les animaux-non-humains.
En cours d’ajustement, la nouvelle directive CSRD va progressivement remplacer la DPEF : de nouvelles normes, plus contraignantes s’adressent aux grandes entreprises. Nouveauté : elle inclut le bien-être animal comme une sous-thématique à traiter.
Le règlement délégué 2023/2772 du 31 juillet 2023 précise que l’entreprise peut se dédouaner des exigences de publication sur le bien-être animal s’il ressort de son évaluation que ce thème n’est pas important. Dans ce cas, elle doit publier une explication détaillée.
Le bien-être animal dans la CSRD se rapporte aux normes relatives à la gouvernance et plus précisément à l’item « conduite des affaires » (page 246 et s. du règlement : « l’éthique et la culture d’entreprise, y compris la lutte contre la corruption et le versement de pots-de-vin, la protection des lanceurs d’alerte et le bien-être animal »).
Le bien-être animal est donc bien distinct des questions relatives à la biodiversité, dont il est question dans les normes thématiques à domaine environnemental.
Pour aller plus loin, voir notre article : Les animaux, la CSRD et vous.
L’entreprise doit penser le sujet de manière intégrée, globale et transversale, comme une verticale de la stratégie RSE. Elle doit commencer par l’identification des relations qu’elle entretient avec les différentes populations animales. Puis, elle devra définir les priorités en gardant en ligne de mire la réduction de la souffrance en termes de durée, d’intensité et de nombre d’individus concernés (voir les travaux du Welfare Footprint Institute à ce sujet).
Une fois les priorités définies, elle devra définir des indicateurs qui pourront s’appuyer sur le calendrier réglementaire européen et les propositions des ONG. Quelle que soit la trajectoire fixée, la réduction des matières animales — et à terme leur remplacement — doit être envisagée.
L’entreprise ne doit pas oublier que la question animale comporte deux aspects :
- un court terme, relatif à la réduction de la souffrance et à la protection des animaux,
- et un long terme, qui concerne le changement culturel.
Pour aller plus loin, voir notre article : Penser la question animale dans votre stratégie RSE.
En France, nous pourrions citer l’enseigne Land&Monkeys dont la mission est de « Faire rentrer l’alimentation végétale dans le quotidien des français sans rien changer à leurs habitudes ». Créée par Rodolphe Landemaine, cette “boulangerie du futur” 100% vegane intègre de façon engagée l’écologie, la santé et le bien-être animal. Après avoir triplé le chiffre d’affaires un an après l’ouverture de la première boulangerie, boulevard Beaumarchais à Paris, l’enseigne compte désormais 12 boutiques. L’entreprise est passée en triple comptabilité (qui prend en compte les performances économiques, environnementales et sociales), et est devenue « entreprise à mission » devenant ainsi la première boulangerie française à impact positif.
Nous pouvons aussi citer Lush dont la mission est de « Laisser le monde meilleur que nous l’avons trouvé ». Lush est une entreprise internationale de cosmétiques fondée en 1995 en Angleterre. La marque possède 850 boutiques dans plus de 50 pays. La gamme de produits permanente comprend plus de 45% de produits sans emballage et plus de 85% de produits sans conservateurs synthétiques. L’entreprise développe une politique pionnière contre les tests réalisés sur les animaux et s’engage politiquement pour faire cesser ces tests dans son secteur. Aucun des ingrédients utilisés n’est testé sur les animaux à ce jour.
Enfin, plein d’autres initiatives peuvent être inspirante pour le monde des affaires. Nous vous partageons sur ce lien une compilation des « positive stories » relatives aux pratiques exemplaires des entreprises que nous dénichons au fil des semaines.